3 erreurs courantes liées à la règle des 30 transactions
Vous souvenez-vous vous de vos premiers cours de statistiques où l'on faisait la distinction entre un échantillon et la population? La définition d'un échantillon se veut un ensemble qui est représentatif d'une population et on dit observer un échantillon pour obtenir des connaissances sur l'ensemble de la population.
Le même concept s'applique parfaitement aux statistiques immobilières : dans notre cas, l'échantillon peut être les propriétés inscrites au système Centris®, alors que la population est l'ensemble des propriétés d'un secteur. Le seul bémol est que pour obtenir de l'information sur la population, soit du parc immobilier dans son ensemble, il faut s'assurer d'avoir un échantillon qui est représentatif et capable de capter sa diversité. La taille de l'échantillon est donc très importante.
À la FCIQ, tout comme dans les statistiques publiques sur le site Centris.ca, les statistiques ne sont pas diffusées lorsque moins de 30 transactions ont été réalisées.
Voici trois conséquences découlant directement du manquement à la règle des 30 transactions :
- Forte volatilité dans les taux de variation
Par exemple, on pourrait affirmer qu'en avril 2015, 8 ventes de propriétés résidentielles ont été réalisées à La Tuque*, contre 11 en avril 2014, soit une diminution de 27 %. Dans ce cas-ci, une diminution de 3 transactions représente près de 30 % de baisse.
Les taux de variations sont plus pertinents lorsque le nombre de transactions est plus élevé. Lorsque le nombre de transactions est inférieur à 30, on parle plutôt de différence.
- Risques de faible représentativité de l'ensemble des propriétés du secteur
Toujours à La Tuque, le prix médian des 8 maisons vendues en avril 2015 était de 121 000 $, alors qu'il était de 156 000 $ un an auparavant. On peut se demander si les 8 maisons vendues étaient comparables à l'ensemble des maisons de la MRC. Peut-être qu'elles étaient en moyenne plus petites, moins bien situées, etc, que l'ensemble des propriétés du secteur. Or, plus le nombre de transactions est élevé, plus les risques d'avoir un échantillon qui ne représente pas la « population » sont faibles.
- Mauvaise interprétation des statistiques
En reprenant les statistiques de prix du point 2, on remarque que le prix médian des unifamiliales à La Tuque a fortement baissé entre avril 2015 et avril 2014, soit de 22 %. Cette mauvaise interprétation découle des deux points mentionnés plus haut : le faible nombre de transactions remet en question la représentativité du marché immobilier, et les statistiques de prix qui en découlent présentent une forte volatilité au niveau du taux de variation.
Un œil mal exercé conclurait que le marché de La Tuque est en déclin, du moins à la lumière des statistiques d'avril 2015, avec des ventes en baisse de 27 % et un prix médian qui a perdu 22 %. Mais quoi faire si on se retrouve face à une telle situation? Je vous suggérerai deux pistes dans un de mes prochains billets.
*Exemple avec vraies statistiques. La Ville de La Tuque a été choisie au hasard.
